Traduction en japonais d'un texte en français hors programme se
rapportant à la civilisation du Japon contemporain.
Durée de l'épreuve : 4 heures. Coefficient 3.
"On a souvent dit que le Japon avait joué un rôle moteur dans le développement de l'Asie orientale. De là, découle l'expression de "croissance en V", à l'image d'un vol d'oiseaux où le Japon serait en tête, suivi par les autres pays asiatiques, des plus riches (Taiwan, Singapour) aux moins riches (Malaisie, Thailande). Aussi parlante soit cette métaphore, elle est en partie illusoire. Si la croissance japonaise a effectivement, d'un point de vue strictement chronologique, précédé celle du reste de l'Asie orientale, elle n'en a toutefois pas été le seul catalyseur. En défendant une telle thèse, on perd de vue le rôle essentiel des Etats-Unis et, plus précisement, du marché américain pour le développement asiatique. On minimise aussi l'importance de la dynamique interne régionale, qui existe indépendamment de la puissance japonaise. Mais il ne s'agit pas pour autant de nier les faits : le Japon constitue bien l'un des pôles du développement de l'Asie. On peut même dire que l'influence japonaise dans la région n'a jamais été aussi extensive. L'entreprise des hommes de Meiji visant à guider la Chine et la Corée sur la voie de la modernité n'a connu qu'un succès limité. L'action des militaires et leur "sphère de coprospérité" pouvaient difficilement avoir des effets positifs. Mais, un demi-siècle plus tard, le Japon est devenu, presque malgré lui, un point de repère pour de nombreux Asiatiques."Karoline POSTEL-VINAY, Le Japon et la nouvelle Asie, Paris, Presses de Sciences Po, 1996, p. 65.